"Fady Kambana » est une série de portraits de familles réalisés à Madagascar traitant du «tabou des jumeaux» au sein d'une ethnie malgache.Dans cette ethnie, les jumeaux considérés comme une malédiction, sont «bannis» de la communauté et abandonnés dès leur naissance dans des champs ou des «centres d’adoption ».

Les chefs traditionnels de l’ethnie appelés “Ampanjaka” encore très attachés à cette tradition continuent à la perpétuer, au mépris des conventions et traités sur les droits des enfants, tous ratifiés par les autorités malgaches.
Livrées à leur propre sort, sans l’appui d’aucune administration, la grande majorité des mères et pères biologiques qui ont décidé de rompre le serment des ancêtres en gardant leurs jumeaux, se retrouvent seuls à élever leurs enfants, leur conjoint ayant préféré quitter le foyer, plutôt que d’affronter le regard de la communauté.
À l’exclusion sociale et spirituelle, s’ajoute une grave précarité qui pousse les mères des jumeaux à adopter des mécanismes de survie extrêmes, ce qui contribue à alimenter le tabou.
Il s’agit de montrer à travers ces portraits leur histoire et témoigner de leur acte d’amour face aux peurs de leurs croyances.



“Fady Kambana” is a series of family portraits taken in south east of Madagascar. This photographic exhibition casts a unique look at the sensitive issue of the curse of twins among one of the coastal tribe of Madagascar.In this community, twins are considered sacrilege. They are banished at birth, abandoned in cocoa or coffee fields or given for adoption to specific care centers for abandoned twins.

The tribe leaders, called the “Ampanjaka”, remain profoundly attached to this immemorial practice. They continue to perpetuate the tradition, defying the conventions and treaties on children’s rights ratified by Madagascar.
Abandoned to their fate, and with no support from the Malagasy administration, the vast majority of biological mothers and fathers who decide to break the oath of the ancestors by keeping their twins, are left alone to raise their children. In most cases, their spouses leave their homes to avoid having to face other members of the community.
In addition to spiritual and social exclusion, the twins’ single mother and father live in very precarious living conditions, pushing them to adopt extreme coping mechanisms to survive, and further fueling the taboo.
Through these portraits I would like to portray their story and bear witness to their acts of love faced with the fears of their beliefs.